23 mars 2008
Elections municipales - A Perpignan, "la révolte des chaussettes" prend fin
L'opposition, qui accuse la majorité d'avoir multiplié les irrégularités, attend désormais le verdict du recours en invalidation du scrutin. Le tribunal administratif de Montpellier dispose d'un délai maximum de trois mois pour se prononcer.
A.C. (avec agence) - le 23/03/2008 - 14h24
Leur slogan aurait pu être "aux chaussettes citoyens"... Il va falloir maintenant les ranger au placard. Après une semaine de manifestations, la gauche perpignanaise met fin à "la révolte des chaussettes",
qui cherchait à dénoncer la fraude ayant selon elle entaché le second
tour des élections municipales du 16 mars. Au cours du dépouillement,
le président d'un bureau de vote de la ville avait été surpris en
flagrant délit, alors qu'il rajoutait sur la table de décompte des
bulletins en faveur du maire sortant, jusque-là dissimulés dans sa
chaussette gauche.
"Après notre dernière action de samedi
soir, nous avons décidé d'arrêter nos manifestations. Le temps de la
justice est maintenant venu, avec le recours en invalidation de ce
scrutin que nous avons déposé", a déclaré Jacqueline Amiel-Donat, tête de liste socialiste opposée au maire sortant UMP, Jean-Paul Alduy.
Ce dernier l'a emporté dimanche avec 574 voix d'avance, mais le PS,
associé au MoDem lors du scrutin, accuse la majorité municipale d'avoir
multiplié les irrégularités. "Dans notre recours en invalidation,
nous avons recensé une quinzaine d'autres motifs d'annulation liés à
d'autres fraudes que nous avons découvertes malgré la loi du silence
que Jean-Paul Alduy a tenté d'imposer sur sa ville", avance la candidate socialiste.
"Filouteries électorales", "système mafieux"
Le tribunal administratif de Montpellier dispose désormais d'un délai maximum de trois mois pour se prononcer. "Il
existe certes un délai maximum de trois mois mais il est rarement
respecté par le tribunal administratif qui est surchargé de travail", souligne Jacqueline Amiel-Donat. "Il
ne faut pas espérer une première audience avant l'automne,
c'est normal. Et si la justice nous donne raison, alors il y
aura forcément appel devant le Conseil d'Etat, soit encore un
an d'attente", estime-t-elle.
Le président du bureau de
vote suspecté de fraude avait été placé en garde à vue dans la
soirée de dimanche puis relâché mardi soir, après avoir été placé
sous contrôle judiciaire strict et mis en examen pour
fraude électorale. Depuis, plusieurs centaines de manifestants
se réunissaient chaque soir devant la mairie de Perpignan en brandissant des chaussettes afin de dénoncer les "filouteries électorales", selon eux, de Jean-Paul Alduy.
De son côté, le maire sortant a porté plainte pour diffamation contre
son adversaire, après que cette dernière ait publiquement évoqué à
plusieurs reprises un "système mafieux". C'est dans un climat houleux que Jean-Paul Alduy a été réélu maire de Perpignan vendredi par le nouveau Conseil municipal, lors d'une réunion boycottée par plusieurs membres de l'opposition.




