Guérison d'un malade de la grippe aviaire H7N9

( Xinhua )

04.05.2013 à 14h33

Un homme qui avait contracté le virus H7N9 est sorti guéri de l'hôpital vendredi dans la province du Zhejiang, après avoir passé des jours entre la vie et la mort.

Cet homme de 38 ans, nommé Cao, est la première personne gravement atteinte par la grippe aviaire H7N9 à se rétablir.

"Je voudrais remercier mes médecins, qui m'ont soustrait à la mort. Ils m'ont permis de vivre de nouveau", a déclaré Cao en quittant l'hôpital où il a séjourné pendant 22 jours.

Les médecins, avec l'aide d'un comité d'une vingtaine de médecins éminents, avaient décidé d'utiliser le système de soutien de vie sur Cao pour remplacer les fonctions de son foie et de ses poumons défaillants, aucun patient aussi gravement atteint que lui n'ayant survécu jusqu'alors.

Un virus mutant de grippe aviaire créé en Chine inquiète les experts

 

 

Une équipe de scientifiques chinois a fabriqué un virus hybride de la grippe H5N1 ayant le "potentiel" de muter encore pour contaminer l'homme.

Un éleveur trie les canards sur un marché à Taipei (Taiwan), le 25 avril 2013. Un éleveur trie les canards sur un marché à Taipei (Taiwan), le 25 avril 2013. (SAM YEH / AFP) Par

Mis à jour le 03/05/2013 | 19:04 , publié le 03/05/2013 | 16:28

L'épidémie de grippe aviaire qui sévit en ce moment dans plusieurs provinces chinoises ne semble pas contenter la communauté scientifique chinoise. Une équipe de l'Académie des sciences agricoles chinoise et de l'université agricole du Gansu a annoncé, jeudi 2 mai dans la revue américaine Science (en anglais), avoir donné naissance à un nouveau type de virus mutant de la grippe aviaire. Leur expérimentation inquiète nombre d'experts. 

Qu'est-ce que ce virus mutant ? 

Le virus hybride créé en Chine résulte d'un mélange de gènes de la souche H5N1 du virus de la grippe aviaire, et de la H1N1, responsable de la pandémie de 2009-2010. La première peut être transmise aux humains par des oiseaux, mais ne peut se transmettre d'humain à humain. La seconde, apparue au Mexique, s'avère elle très contagieuse. Le mélange se révèle donc potentiellement dangereux, d'autant qu'il pourrait muter encore et contaminer l'homme. 

Le virus créé en laboratoire s'est déjà avéré facilement transmissible entre cochons d'Inde, via les voies respiratoires, comme les scientifiques à l'origine de l'expérience entendaient le démontrer. Selon eux, le si redoutable virus H5N1 n'aurait donc besoin que d'une simple mutation génétique pour être en mesure de se communiquer d'un mammifère à un autre.

Pourquoi l'avoir créé ? 

Selon Robert May, ancien président de l'Académie des sciences britannique, cité par The Independent (en anglais), les chercheurs chinois ont créé le virus "pour aider à mettre au point des vaccins"La chaîne Fox News (en anglais) explique de son côté que l'étude a été élaborée pour imiter la façon dont les mutations de la grippe se font dans la nature et les prévenir. Cette expérience fait penser à une autre expérimentation, survenue en 2012. Une équipe néerlandaise avait lui aussi mis au point un virus ultra dangereux.  

Mais de nombreux experts émettent des doutes quant à cette expérimentation chinoise. Pour Robert May, les chercheurs ont ainsi surtout cédé à "une ambition aveugle et sans aucun bon sens".

Que redoutent les scientifiques ? 

Certains spécialistes redoutent en effet que cette expérience ne donne le coup de pouce nécessaire à la nature pour créer des mutants potentiellement incontrôlables. "Ce sont des virus créés par l'homme, ils n'ont jamais été fabriqués par la nature. Ils sont conservés dans un congélateur", détaille le virologue Simon Wain-Hobson, de l'Institut Pasteur. "Si quelqu'un commettait une erreur, ou qu'il y ait une fuite ou quelque chose de ce genre, le virus pourrait contaminer les gens et provoquer entre 100 000 et 100 millions de morts", insiste-t-il.

D'autres experts estiment que la création d'un tel virus OGM n'aide pas à la recherche d'un vaccin ou d'un traitement et ne serait sans doute pas au point avant la survenue d'une épidémie. 

Grippe aviaire : nouvelle victime en Chine

Par Europe1.fr avec AFP

Publié le 2 mai 2013 à 10h44 Mis à jour le 2 mai 2013 à 10h44

Un nouveau décès dû à la souche H7N9 de la grippe aviaire a été signalé jeudi dans le centre de la Chine, rapporte l'agence de presse officielle Chine nouvelle. La victime originaire du Jiangxi est un homme de 55 ans, décédé dans la province du Hunan, précise l'agence. Il avait été diagnostiqué positif au virus le 26 avril.

Le bilan humain de cette nouvelle souche s'élève désormais à 27 morts, en Chine uniquement, depuis la détection du premier cas en mars. Vingt-six personnes se sont rétablies après avoir contracté le virus, selon Chine nouvelle.

Les industriels à l’assaut de la grippe aviaire H7N9

Par  - Publié le 30 avril 2013, à 16h37

YUM BAT LE CONSENSUS MALGRÉ LA GRIPPE AVIAIRE EN CHINE

Qu’ils fabriquent vaccins, médicaments ou tests de diagnostic, les laboratoires sont tous sur les rangs pour prévenir une épidémie de H7N9. Le marché attire même des acteurs de l’électronique.

Elle n’est pas transmissible d’homme à homme. Pour l’instant. Mais la grippe aviaire H7N9 qui sévit en Chine n’en reste pas moins inquiétante. Avec 126 personnes contaminées en Chine en un mois, dont 24 sont décédées, ce "virus est inhabituellement dangereux", insiste l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Sa principale crainte ? Qu'une mutation de cette souche ne génère des contaminations entre hommes, au risque de déclencher une pandémie.

Sans surprise, tous les groupes pharmaceutiques sont donc sur les rangs, pour mettre au point le vaccin qui permettrait d’immuniser la population, ou encore de protéger les volailles. Les big pharmas, en particulier, ont toutes en mémoire l’épidémie grippale du virus H5N1, qui a causé plus de 360 morts dans le monde depuis 2003 selon l'OMS. Et avait rapporté gros à Novartis, Sanofi-Pasteur et GSK, dont les vaccins avaient inondé la planète en 2009. Pour s’attaquer au H7N9, les stratégies divergent.

Pas de vaccin avant quelques mois

Chez Sanofi Pasteur, la division vaccins du français, on  reconnaît surveiller étroitement l’évolution de la situation. Mais la prudence est de mise. "La notification des cas de transmission humaine du virus A (H7N9) en Chine est récente. Le premier cas a été notifié à l’OMS le 25 mars 2013. Il est de ce fait trop tôt pour appréhender l’importance de ces cas de grippe", nous confie une porte-parole. Même si "en tant que producteur mondial de vaccin contre la grippe, Sanofi Pasteur s’est engagé à aider les autorités à répondre aux problèmes de santé publique liés à la grippe". 

Autorités sanitaires, OMS et industriels échangent afin d’étudier plusieurs pistes de vaccins, même si aucune ne devrait déboucher avant quelques mois. Néanmoins, le suisse Novartis semble avoir déjà bien avancé. Après avoir procédé à l'analyse des codes génétiques du virus, publié par les Chinois, il "serait aujourd'hui en mesure de développer d'ici 6 à 8 semaines un vaccin pour de premiers essais cliniques", selon son directeur général.

La course aux tests de diagnostic

Mais les big pharmas ne sont pas les seuls à vouloir se positionner. Le laboratoire suisse Roche estime aussi avoir une carte à jouer avec son médicament antiviral Tamiflu, dont la France avait constitué des stocks massifs lors de la pandémie grippale de 2009. Des tests réalisés par l’OMS auraient démontré l’efficacité de ce traitement contre la souche H7N9, nous indique Roche. Même s’il existe un risque que le virus ne devienne résistant à ce type de médicament, prévient l’OMS. Mais ce n’est pas tout, la division Diagnostics de Roche est aussi sur le pied de guerre. Son but ? Développer des tests permettant de détecter les deux gènes de cette souche. Une course contre la montre, face à un virus qui évolue très rapidement. 

En France, Roche Diagnostics a été en mesure de fournir rapidement des tests utilisant la technologie de "PCR en temps réel" (réaction en chaîne par polymérase) aux deux Centres Nationaux de Référence (CNR) pour la grippe. Pour y parvenir, il s’est allié à une société allemande, TIB Molbiol. Cette dernière a planché sur le design des amorces et de la sonde indispensables au test dès le mois de mars. Avant de mettre au point des kits de diagnostic utilisant les réactifs et les automates de Roche.

Le labo sur puce de STMicroelectronics sur les rangs

Si les CNR valident cette technologie et que le besoin se fait sentir, les tests pourraient ensuite être mis à disposition d’hôpitaux. Mais "il ne faut pas voir cette démarche sous l’angle de la rentabilité, car il n’y a pas de marché pour l’instant, estime Nathaël Menras, responsable marketing de la division Applied Science de Roche Diagnostics. Les CNR sont nos clients historiques. En tant que leader en France sur le marché du diagnostic in vitro, il est important que nous remplissions notre rôle de fournisseur et démontrions notre réactivité." Mais attention, une concurrence inhabituelle est apparue. Avec sa filiale singapourienne Veredus, spécialisée dans la biologie moléculaire, le leader mondial des semiconducteurs STMicroelectronics vient d’indiquer que son laboratoire sur puce portable VereFlu était lui aussi capable de détecter le H7N9

 

 

Pour la première fois, un habitant de la province de Fujian, située en face de Taïwan, a été contaminé par le virus H7N9. Près de 120 infections humaines ont été recensées.

La Chine a annoncé vendredi que la souche H7N9 de la grippe aviaire s’était propagée pour la première fois à une province du sud du pays, où un homme de 65 ans est devenu la dernière personne officiellement contaminée par le virus.

Cette dernière victime est un habitant de la province du Fujian, située en face de Taïwan, l’île qui a confirmé mercredi son premier cas «importé» de grippe aviaire H7N9, ont rapporté les autorités sanitaires provinciales.

Au total 23 personnes sont mortes en Chine après avoir été contaminées par le virus H7N9, selon un dernier bilan officiel. Près de 120 infections humaines ont été recensées.

Depuis que Pékin a rapporté, le 31 mars dernier, le décès de deux personnes infectées par la souche H7N9, dont on ignorait jusque-là qu’elle pouvait se transmettre à l’homme, la vaste majorité des contaminations ont été enregistrées dans l’est de la Chine.

Le virus H7N9 est l’un des virus de la grippe les plus mortels, a indiqué mercredi un membre d’une équipe de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) venue en Chine enquêter sur cette maladie.

A l’heure actuelle, «aucune forme durable de transmission d’homme à homme n’a été constatée», ont toutefois assuré les chercheurs de l’OMS.

Comme pour la souche H5N1 de la grippe aviaire, la plus commune, les scientifiques redoutent qu’une mutation virale ne permette des contaminations entre humains, ce qui pourrait déclencher une pandémie.

#GRIPPE_AVIAIRE Le virus H7N9 de la grippe aviaire, qui a fait au moins 22 morts en Chine, provient bien de la volaille, mais il n'y a toujours aucune preuve de transmission du virus d'homme à homme, confirme une étude publiée dans la revue médicale britannique The Lancet.

 

Un cas de contamination par le virus H7N9 de la grippe aviaire a été signalé pour la première fois dans la province de Shandong, dans l'est de la Chine, rapporte aujourd'hui l'agence de presse Chine nouvelle.

La province de Shandong se trouve entre Shanghaï, où ont été signalées la plupart des victimes jusqu'à présent, et Pékin.
Au total, 105 personnes ont été contaminées par ce virus en Chine. Vingt d'entre elles sont décédées. On ignore encore comment le virus se transmet.

Le virus de la grippe aviaire H7N9 s'est propagé à une nouvelle province aujourd'hui, selon l'agence officielle chinoise, qui signale deux cas humains dans le Henan, situé à l'ouest du foyer central de la maladie. Hier, un premier cas a été signalé à Pékin, la capitale.

Grippe aviaire : "Parler de pandémie n'a pas de sens"

Créé le 11-04-2013 à 17h48 - Mis à jour à 19h00

Une 10e personne est décédée à Shanghai du virus H7N9, très difficile à détecter chez l'animal. Mais le risque pour l'homme est minime, selon le professeur Didier Raoult. 

À Shanghai, le 5 avril, des agents sanitaires rassemblent les cadavres de poulets, morts du virus H7N9 de la grippe aviaire. CHINA OUT TOPSHOTS AFP PHOTO

À Shanghai, le 5 avril, des agents sanitaires rassemblent les cadavres de poulets, morts du virus H7N9 de la grippe aviaire. CHINA OUT TOPSHOTS AFP PHOTO
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Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), Bernard Vallat, a qualifié jeudi 11 avril d'"assez exceptionnelle" la situation créée par le virus H7N9 de la grippe aviaire en Chine, car sa détection est "très difficile" sur les volailles.

Selon l'information disponible aujourd'hui, nous sommes confrontés à une situation assez exceptionnelle car nous avons affaire à un virus influenza très faiblement pathogène pour les oiseaux et qui a la capacité de provoquer une maladie grave" pour les personnes infectées, explique le Dr Vallat dans un communiqué.

Interrogé par "le Nouvel Observateur", Didier Raoult, professeur à la faculté de médecine de l'Université de la Méditerranée (unité de recherche sur les maladies infectieuses et tropicales émergentes) précise que la détection n'est pas nécessairement difficile. La difficulté réside plutôt dans le fait que "les séquences de ce virus sont très peu disponibles" et qu'"il faut du temps pour mettre au point les techniques qui permettent de repérer ce virus". Le chercheur pointe également un problème d'échange des séquences entre les laboratoires de recherche, qui ralentissent la mise au point des outils de dépistage.

Un virus difficile à détecter 

D'après les rapports officiels transmis par les autorités vétérinaires chinoises à l'OIE, "les volailles testées comme positives à la présence du virus influenza A(H7N9), et suspectées d'être à l'origine des cas humains recensés, ne montrent pas de symptômes visibles". Cette situation "rend la détection de ce virus très difficile sur les volailles", ajoute l'OIE.

"A la date d'aujourd'hui, huit foyers d'influenza aviaire faiblement pathogène A(H7N9) ont été notifiés" sur des pigeons et des poulets présents sur des marchés, "tous situés à Shanghai et dans des provinces voisines", indique l'OIE.

Quelle transmission à l'homme ? 

Faut-il s'inquiéter de sa transmission aux hommes ? Le virus a fait un dixième mort jeudi à Shanghai, a indiqué la municipalité. Mais encore une fois, Didier Raoult se montre rassurant :

Il arrive que les virus animaux se transmettent à l'homme. Mais qu'ils deviennent transmissible d'homme à homme est plus rare. On soupçonne les virus H1, H2, H3 (qui se transmettent d'homme à homme) d'être d'origine animale. On ne peut exclure une propagation d'homme à homme de ces virus dans le futur, mais il n'y a actuellement rien à craindre."

Autrement dit, le risque de pandémie, voire de simple épidémie est minime. "Ca n'a pas de sens de parler de pandémie. Les maladies des animaux ou les zoonoses ne se transforme que très rarement en maladie transmissibles d'homme à homme. Les seules personnes qui risquent d'être infectées sont celles qui sont en contact réguliers et importants avec les animaux malades", conclut Didier Raoult.

Afin de contenir la menace, l'OIE souhaite soigner les volailles malades. "La disponibilité d'un vaccin efficace pour protéger les volailles du virus A(H7N9) en quantités appropriées pourrait prendre quelques temps", prévient l'organisation.

Alexis Toulon avec AFP